Cécilia et Nicolas

Cécilia et Nicolas
Bon alors là je vais vous faire un article un peu spécial qui ressemblerait plutôt au problème du jour et où je me permettrait d'exprimer mon scepticisme face à ce type d'actualité.

Ca y est, Nicolas et Cécilia ne sont plus ensemble depuis quelques jours officiellement. On a tous vu des articles en Une de différents journaux. La dernière Une que j'ai en tête est celle du Parisien qui titrait "Un président célibataire".
Ma première réaction n'était pas "Un président célibataire? Comment c'est possible sous la Ve République?!" mais plutôt "Pourquoi tout ce remue-ménage autour d'une séparation". D'accord j'étais pas au courant de tout ce que cela impliquait (et d'ailleurs je vois toujours pas les grandes conséquences que cette séparation aura sur le pays). Donc ma première réaction était plutôt un étonnement par rapport à la surmédiatisation de cette séparation, étonnement que j'imagine a partagé la plupart d'entre vous.

Cette réflexion m'a permis de me poser des questions aussi sur le mode de communication à la fois du Président et de la Presse en général. D'abord au sujet du Président : je me suis d'abord dit "il l'a un peu mérité quand même! A force de se sur-exposer aux médias, et de sur-exposer son couple". Ensuite je me suis dit "Nan mais oh c'est bon, c'est le Président, mais c'est aussi un homme, il a des problèmes sentimentaux comme tout le monde". Donc finalement, aujourd'hui j'en suis encore à me demander à qui la faute.
Ensuite je me suis demandé si la faute était aux médias. D'un côté je me suis dit : "Bah les médias ils savent que parler de Sarkozy et surtout de son couple, ça rapporte; donc ils sont pas bêtes : si Sarkozy leur tend une perche en parlant de sa vie privée, ils ne vont pas se géner quand même! Ils font leur boulot."
Et puis d'un autre côté, je me suis dit "Quand même, le couple Sarkozy a le droit à un peu d'intimité. Que Sarkozy leur donne un peu "de grain à moudre" d'accord, mais ces médias ils ont quand même exagéré : de médias généralistes, c'est limite si on arrive aux tabloïds avec cette histoire!".
Mais bon cette deuxième version, c'est comme si on disait "les médias c'est comme des vampires, dès qu'ils peuvent sucer le sang parce-que ça rapporte, ils le font". Or je ne pense pas que (tous) les médias soient comme ça.
Vous l'aurez compris, je suis assez partagé sur la question. Encore aujourd'hui, je ne sais pas trop quoi penser.... mais en même temps je ne me pose pas la question tous les jours.... parce-que je pense qu'il y a plus important dans la vie politique.

Ce qui intéressant en revanche, c'est de voir sur le plan politique si cela va affecter Sarkozy : on sait que Cécilia a été très présente durant sa campagne, dans l'ombre, et même bien avant en le conseillant. Le fait d'enlever un de ses plus fidèles conseillers risquerait peut-être d'affaiblir Sarkozy, surtout en période de contestations (grèves) comme en ce moment. Restera-t-il sur ses positions?

Toujours est-il que j'ai peur que maintenant que l'on a un Président célibataire, l'actualité de l'Elysée devienne "les Feux de l'Amour". Imagineriez-vous que Sarkozy serre la main d'Angela Merkel avec un sourire et un regard complice et qu'on les dise amants? Je sais, j'exagère (et je fais exprès), mais j'aimerai pas que la sur-médiatisation qui est la sienne ne devienne encore plus people... au détriment de ce qui est réellement important dans l'économie.

En tout cas, même en étant partagé comme je le suis à la fois sur le Président que sur les médias, on peut être sûr d'une chose... Le programme de Sarkozy est la rupture... en ce qui le concerne, il aura certainement eu sa dose.

/Toto/

# Posté le dimanche 21 octobre 2007 10:58

Modifié le lundi 22 octobre 2007 15:16

Taux d'intérêt, Banque Centrale, et banques privées.

Taux d'intérêt, Banque Centrale, et banques privées.
Dans l'article ci-dessous, j'explique que les taux d'intérêt sont le prix de l'argent, et qu'il en existe de différentes sortes : taux d'intérêt entre banque/clientèle, taux d'intérêt pour le déficit de l'état, et taux d'intérêt pour le marché interbancaire. Nous nous intéresserons ici à ce dernier type de taux, qui comme son nom l'indique, est entre les banques.

Les banques sont des sociétés financières. Comme des entreprises, elles doivent donc faire du profit pour assurer leur bonne santé. Lorsqu'une entreprise désire vendre des tissus, elle doit avoir des consommations intermédiaires en amont comme le tissu. Une banque, en tant qu'entreprise, a les mêmes contraintes : pour vendre son produit, ici des crédits, elle doit déjà avoir de l'argent en amont.
Pour se procurer cet argent, elle emprûnte sur le marché monétaire ou marché interbancaire. Et comme tout marché, les banques emprûntent et doivent payer des intérêts.

Par conséquent, si les banques doivent payer beaucoup d'intérêt lorsqu'elles emprûntent (dû à un taux d'intérêt dit "directeur" élevé), alors le coût de l'emprûnt est élevé. Donc ce qui correspond au coût de leur consommation intermédiaire est élevé. Or pour ne pas faire faillite, une banque doit avoir ses recettes supérieures à ses coûts. Donc si le taux d'intérêt directeur est élevé, la banque (pour "survivre") doit pratiquer des taux élevés à ses propres clients. D'où des taux qui peuvent varier lorsqu'on s'adresse à sa banque pour un emprûnt.

Mais qui décide le niveau de ce fameux taux directeur?
C'est la Banque Centrale qui influence ce taux directeur. Elle a deux façons différentes de le faire, que je ne vais pas développer ici. L'intérêt de faire varier ce taux directeur est que comme tout taux d'intérêt, il agit sur le coût des crédits, et permet ainsi de contrôler l'offre et la demande de crédits, l'inflation et le taux de change (la valeur d'une monnaie par rapport à une autre).
Ainsi un taux directeur élevé rend plus difficile l'emprûnt des banques, ce qui se répercute sur leurs propres taux d'intérêts. Si leurs taux sont élevés, alors les ménages préfèrent épargner (parce-que l'emprûnt est plus rémunérateur) et donc cela ralentit l'inflation (les ménages épargnent, donc ils n'utilisent pas cet argent pour consommer et exercer des pressions sur l'offre responsables de l'inflation).
Il ne faut pas oublier que le rôle de la Banque Centrale est en premier de garantir la stabilité des prix, donc d'avoir le moins d'inflation possible. D'où des taux d'intérêt qui semblent rester élevés. Pourtant on notera qu'aujourd'hui les taux directeurs sont relativement faibles comparés aux années 1970-1980. Aujourd'hui la Banque Centrale prête à 4% aux banques privées.

Cet exemple de taux directeur nous montre que les taux d'intérêt ne sortent pas de nul part, et que dès que l'on change une variable (un taux directeur de 1% par exemple), cela a des conséquences sur beaucoup de variables économiques. Aujourd'hui, faire varier les taux directeurs et les taux d'intérêt sont d'autant plus difficile que nous vivons dans une économie mondialisée, où règne la compétitivité.

/Toto/

# Posté le samedi 20 octobre 2007 13:47

Les taux d'intérêt

Les taux d'intérêt
Les taux d'intérêt sont une variable importante pour les agents économiques parce-qu'ils influencent la rentabilité des investissements, le prix des emprûnts ou encore les taux de change (le prix d'une monnaie par rapport à une autre). La notion de taux d'intérêt est comme tout ce qui touche à l'économie, complexe. Essayons néanmoins de les comprendre.

Qu'est-ce que le taux d'intérêt?
Pour carricaturer, on peut dire que les taux d'intérêt sont le prix de l'argent. Ainsi, si j'épargne 1000¤ chez ma banque à un taux de 5%, je récupérerai 1050¤. Les 50¤ de surplus sont les intérêts versés par la banque, correspondant au prix que la banque me paye "pour me remercier" de lui avoir prêté de l'argent. Après tout... on a rien sans rien... donc que ce soit le client ou la banque, chacun doit en avoir pour son compte.

Je vais à présent rentrer un peu plus dans le détail de la définition du taux d'intérêt. Etant donné que c'est assez complexe comme ça, vous pouvez passer cette étape si vous le souhaitez : le raisonnement que je vais vous expliquer en italique et en bleu peut ne pas être lu, il n'empechera pas la compréhension globale à mon avis.

Pourquoi un taux d'intérêt?
Deux théories (correspondant à deux courants de pensées) nous expliquent pourquoi un agent épargne et donc pourquoi il existe des intérêts :
1) les néoclassiques nous disent : les agents ont "une préférence pour la liquidité"; c'est à dire qu'ils préfèrent consommer maintenant que dans un futur incertain. L'intérêt est alors "la rémunération de l'abstinence" (voir l'économiste Fisher).
J'ai 1000¤ sous mon oreiller "tout-prêt-à-consommer". Si j'accepte de m'en séparer, je veux quelque chose en échange... d'où des intérêts.
2) les keynésiens nous disent, eux, que le taux d'intérêt n'intervient pour choisir entre consommer ou épargner (contrairement aux néoclassiques). Les taux d'intérêt interviennent "à l'intérieur" de l'épargne; l'actif peut orienter son épargne de deux façons : soit il retire immédiatement sa monnaie, soit il met son argent dans un placement rémunéré par les intérêts. L'actif ayant "une préférence pour la liquidité", il préfère la première solution. S'il décide de placer son argent, le taux d'intérêt est alors le prix de la renonciation à la liquidité.
Exceptionnellement je vais vous donner mon avis (avis qui évidemment ne fait pas loi!). Personnellement, je préfère la théorie néoclassique (la première) qui me paraît "plus claire dans mon esprit".


Le taux d'intérêt est le prix de l'argent. Mais il existe plusieurs types de taux d'intérêt : taux court (moins d'un an) / taux long; taux se réfèrant au marché interbancaire / taux se réfèrant aux conditions imposées par les banques à leurs clients, etc.

Quelle est l'importance économique du taux d'intérêt?
1) Pour les ménages, il y a un impact sur la rémunération de l'épargne et le coût du crédit : si je dois placer 1000¤, je préfère que le taux soit élevé à 10¤ plutôt que 5% pour que mon épargne soit mieux rémunéré : dans un cas je récupère 1100¤, dans l'autre 1050¤. A l'inverse, si j'emprûnte, je préfère le moins possible... donc avoir un taux d'intérêt le plus bas possible.
2) De même pour les entreprises : un taux élevé décourage l'emprûnt. Avec un taux élevé, les entreprises préfèrent (comme les ménages) placer leur argent là où les entreprises pensent que leur placement va leur rapporter.
3)Le taux d'intérêt joue aussi sur la charge de la dette de l'Etat.
4)Enfin, le taux d'intérêt est un outil pour les politiques économiques : dans une politique de relance, on aura des taux élevés faibles pour empêcher les actifs d'épargner mais plutôt d'utiliser cet argent pour consommer et investir. Au contraire, dans une politique de rigueur/d'austérité, on aura des taux d'intérêt élevés pour attirer les capitaux flottants mais aussi pour limiter la consommation et ainsi éviter l'inflation.

En conclusion, les taux d'intérêt sont le prix de l'argent.Chaque actif cherche à placer son argent là où c'est le plus rémunérateur pour lui. Donc plus les taux sont élevés, plus les actifs épargnent. Et "théoriquement", plus les taux sont faibles, plus les actifs "gardent" leur argent et consomment/investissent. Ainsi on parle beaucoup des taux d'intérêt parce-qu'ils influencent l'économie et notamment les décisions des agents économiques.


NB : en espérant que ceux qui n'avaient pas bien saisi la complexité des taux l'ont maintenant apréhendé. Attention, je ne garantis pas que moi-même j'ai saisi toute leur subtilité et qu'il n'y a pas des erreurs dans mon raisonnement. M'étant appuyé sur des bouquins et sur les connaissances, je vous ai restitué le plus clairement possible ce que j'en ai compris. Après tout, je ne suis pas prof d'économie...

/Toto/

# Posté le samedi 20 octobre 2007 06:46

Modifié le dimanche 21 octobre 2007 13:24

La rigueur salariale, seule politique économique possible ? ; La relance Mauroy, ses moyens et ses conséquences ; La réhabilitation de l'Entreprise dans les années 1980

La rigueur salariale, seule politique économique possible ? ; La relance Mauroy, ses moyens et ses conséquences ; La réhabilitation de l'Entreprise dans les années 1980
Avec la mondialisation, donc l'ouverture des économies, les frontières sont perméables aux capitaux et aux marchandises. Qui dit marché plus large dit circulation du progrès et de la technique, donc concurrence. Concurrence, ça veut dire aussi compétition, et quand on est compétiteur, on essai d'être le meilleur. Meilleur, dans l'espoir de gagner des parts de marché. Jouer sur le coût du travail, en faisant en sorte qu'il progresse le moins vite possible, et prendre des mesures en terme de flexibilité sont donc conseillés. Tout ça revient à parler de rigueur salariale. Mais le problème, c'est qu'à ce jeu là, il va y avoir des perdants. On parle alors de politiques dites non coopératives (du chacun pour soi). On dit aussi que << chacun cherche à exporter son chômage chez les autres. >> Mais cette mondialisation, pourrait-on arriver à la tempérer, la réguler ? Encore faut-il de la volonté...

Au référendum, ceux qui ont voté NON ne disaient pas non à l'Europe des marchés. Attention. C'est plutôt qu'ils étaient pour une régulation. Mais comme Lepen et De Villiers ont voté NON, on est allé jusqu'à les cataloguer d'aigris, de rétrogrades, de ceux qui ont peur du progrès, voir même de racistes.

Alors, faisons un peu d'histoire politique économique ! En 1981, on compte 1,8 millions de chômeurs en France. La gauche arrive au pouvoir et Pierre Mauroy est nommé premier ministre. Son objectif ? une croissance au service de l'emploi, et il a de l'ambition le petit, il veut au moins 3 % de croissance ! Ses moyens ? Simple, la relance de la consommation, par l'augmentation des revenus primaires et secondaires, une plus grande part du budget consacrée aux dépenses publiques, et aussi plus d'investissements, investissements qui seront facilités par la politique industrielle des nationalisations, et la consommation de la demande effective. On ajoute à cela des mesures structurelles, comme les plans avenir jeune, ou la diminution de l'âge de la retraite. Conséquences ? On bute sur un déficit commercial très lourd. Et, en plus de ne pas avoir inversé la tendance du chômage, on maintient un taux d'inflation élevé.

Mais pourquoi de tels résultats ? Pour faire simple, la politique de relance a augmenté nos revenus. Nous voilà donc prêt à consommer plus. Nos partenaires commerciaux, comme l'Allemagne par exemple, ont pratiqués, quant à eux, une politique d'austérité. En freinant les salaires, ils ont freiné la pression exercée par la demande sur l'offre, et le coût du travail, soit 2 causes de l'inflation. Ainsi, la désinflation a augmenté leur compétitivité. Et comme nous, je rappelle, on est alors un marché attrayant prêt à consommer plus, notamment des produits importés, on a aggravé notre déficit extérieur. Bien sûr, il y a d'autres explications à l'échec de la relance Mauroy, comme le dollar fort. Le prix du pétrole, ayant été multiplié par 2, et le pétrole étant une importation incompressible (c'est-à-dire qu'il est indispensable d'acheter) a aggravé le solde de notre balance commerciale.

Les moyens d'intervention de Keynes seront donc remis en question. Peut-être parce que Keynes a écrit à un moment où les économies étaient indiscutablement fermées. On en revient à la question du début, y'a-t-il qu'une seule politique économique possible dans le contexte de la mondialisation, donc de l'ouverture des marchés ?

Que va faire Mitterrand à ce moment là ? Et bien il va appliquer le théorème du chancelier Schmidt qui dit << Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain. >>(discours assez libéral, puisqu'on résonne en partant de l'offre) et va s'adresser à la France << Ecoutez les gars, il faut se serrer la ceinture, et accepter que les entreprises fassent du profit pour un retour aux grands équilibres. >> Profit, oui, c'est bien le terme utilisé par le président socialiste, pourtant expression même de l'exploitation de l'homme par l'homme selon les marxistes. Pour le coup, c'est révolutionnaire comme discours. Jaurès, ce jour-là, a dût se retourner dans sa tombe. C'est le basculement ! La gauche était devenu gestionnaire, et entre dans l'économie de marché en 1983. Symboliquement, le mélange droite-gauche, on peut donc le situer là.

D'ailleurs, pourquoi Mitterrand va être réélu en 1988 ? Et bien, paradoxalement, des études ont montré que la bourse monte plus quand Mitterrand est élu, que si ça avait été Chirac. Les milieux financiers préfèrent en effet un gouvernement de gauche. Pourquoi ? Et bien les salariés, accepteront mieux après tout si c'est Mitterrand qui leur dit que Chirac.

C'est à ce moment là que l'Entreprise va être réhabilitée, ce qui n'est peut-être pas plus mal soit dit en passant. Et dans les années '80, à 20h30 (oui, l'époque où le film du soir ou le prime time était à 20h30 et non à 21h), il y'a une émission, et le maître d'oeuvre, c'était Tapie. Un entrepreneur arrivait et posait son problème << Oui, alors, pour que mon idée se finalise, il faudrait que je trouve tant de fric >>. C'était tout de même plus intéressant que ce qu'on se tape maintenant : des abrutis de voisins qui se foutent sur la gueule pour un pan de mur chez Courbet.

En passant, Tapie, a été nommé ministre par Mitterrand. Alors, qu'est-ce que c'est que la gauche si on a Tapie en ministre ? encore un symbole.

La conclusion, vous la connaissez : le gouvernement va pratiquer des taux d'intérêt élevés et donc va emmener les entreprises tout droit à la rigueur salariale, car en revalorisant la monnaie, on met à mal la compétitivité des Entreprises, qui par la suite freinent les salaires mécaniquement. On parlera aussi de politique de désinflation compétitive. Ainsi, en '84, on a divisé par 2 le déficit du commerce extérieur, mais au prix d'un emploi qui progresse peu ou pas...

/Flo/

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 14:38

Modifié le samedi 29 décembre 2007 07:54

Airbus et Le plan de restructuration Power 8 ; Les délits d'initié chez EADS, affaire d'Etat ?

Airbus et Le plan de restructuration Power 8 ; Les délits d'initié chez EADS, affaire d'Etat ?
Le premier A380 a été livré aujourd'hui même à la compagnie Singapour Airlines. Confort inégalable! Hormis le "léger" retard à cause du problème de câblage électrique, la livraison est un succès ! Mais ce n'est pas pour autant que le constructeur aéronautique aura fait oublier ses déboires, puisqu' on a remué le couteau dans la plaie avec les soupçons de délits d'initié chez EADS.

Comme si on en avait déjà pas eu assez, du Power 8, et du plan d'intéressement de 2 euros 20 des salariés pendant que Forgeard saute de l'avion en golden parachute (Sarkozy s'en défendra et dira que l'indemnité qui s'élève à 8 millions d'euros avait été prévu depuis 1998, époque où Jospin était premier ministre).

Power 8 est un plan de restructuration qui entend supprimer 10 000 emplois, dont un peu plus de 4000 en France, pour dégager des marges de manoeuvre afin de financer le développement de l'A380. L'usine de Méaulte, petit ville dans la Somme, était alors menacée de fermeture, fermeture qui serait par la même occasion une "condamnation à mort" du village. Mais bon, après tout, il fallait bien qu'Airbus redevienne concurrentiel après ses retards de livraison << Nous voulons qu'Airbus soit compétitif. Bien évidemment, ce plan (power 8) a aussi des conséquences difficiles pour les salariés et nous le regrettons. >> avait répondu Angela Merkel. Comme c'est touchant ! vous avez vous, elle se fait du soucis pour vous.

L'AMF (autorité des marchés financiers, donc "gendarme" de la bourse, qui veille à la transparence de l'information, et régule le marché, en enquêtant sur les délits d'initiés), avait mis en cause les dirigeants et les actionnaires d'EADS dans un rapport préliminaire. Ce rapport parle d'un << caractère concomitant et massif des ventes effectuées avant l'annonce officielle, le 13 juin 2006, des difficultés d'Airbus et notamment du retard de programme A380 et A350. >>

Même si << 1 200 initiés ayant vendu plus de 10 millions de titres et empochés près de 90 millions d'euros de plus-values >> sont mentionnés, 2 actionnaires privés d'Airbus sont particulièrement visés dans ce rapport de l'AMF : Lagadère, et Chrysler. Ces 2 là ont vendus leurs titres en avril 2006, juste avant les difficultés opérationnelles du groupe et l'annonce des retards de livraison. Etrange non ? quand on sait que l'action était alors au plus haut. L'Etat, est aussi soupçonné de manquements d'initié. Rappelons que le délit d'initié est l'utilisation d'informations privilégiées non publiques dans le but d'obtenir des plus-values boursières.

La question qu'on peut se poser maintenant, c'est : L'Etat a-t-il ou non bénéficié d'informations privilégiées ? D'autant plus qu'une note avait été transmise en décembre 2005 à Thierry Breton (alors ministre de l'économie), concernant les difficultés à venir. L'Etat rétorquera que ce n'était qu' << une note de l'APE dans le cadre de sa mission de bonne gestion du patrimoine de l'Etat ne bénéficiant d'aucune information particulière sur EADS. >>

Le président d'EADS, Louis Gallois, propose quant à lui la suppression du système des stock options. Les stock options sont les suppléments de rémunération des cadres dirigeants par la distribution d'options d'achat sur les actions. En lui accordant le droit d'acheter une action à un prix fixe donné, le cadre peut avoir une plus value en revandant l'action au prix du marché dès que le cours grimpe. Les mauvaises langues diront que les stock options ne sont qu'un surenchérissement exempté de cotisations.<< Je pense qu'il faut faire leur substituer un mode de rémunération plus transparent comme l'attribution d'actions gratuites. Aujourd'hui, chez EADS, les stok options ne représentent plus que 20 % de la rémunération complémentaire de salaire, les actions gratuites 80 %. Il s'agit d'atteindre 100 % >>.

Cette affaire de délits d'initié nous rappelle celle de Triangle-Picheney. Petite anecdote : Sous Mitterrand, la société nationalisée Picheney avait lancé une OPA sur Triangle, alors cotée à New York. Informés à l'avance de l'opération de fusion-acquisition, des proches du gouvernement ont acheté des titres avant la hausse brutale du cours. Alain Boublil, conseiller technique de Mitterrand avait été condamné. Ainsi, ce dossier avait mis le président socialiste mal à l'aise et on le comprend.

Quand c'est pas l'un c'est l'autre : C'est au tour de Boeing d'annoncer des retards de livraisons. Le 787 Dreamliner devait être livré à All Nippon Airways en Japon en mai 2008, il ne le sera pas avant décembre. Ce long courrier qui est conçu pour consommer moins de carburant aurait des problèmes de pièces détachées.

Que peut-on esperer maintenant pour Airbus ? d'être dans les temps pour sa prochaine livraison de 12 A380 à British Airways. << Le plus difficile est devant nous, la période cruciale sera en 2008-2009 avec l'augmentation du rythme des livraisons d'avions. Nous nous sommes organisés pour pouvoir atteindre le rythme de quatre avions produits par mois en 2010. >> affirme l'allemand Thumas Enders, actuel patron d'Airbus. Mais surtout, de ne pas baisser les bras ! << Je ne veux pas que la baisse du dollar soit un prétexte >> ajoute-t-il. En effet, on dit qu' à chaque fois que l'euro s'apprécie de 10 centimes, le compte d'exploitation se dégrade d'un milliard d'euros. Encore un inconvénient de l'euro fort, qui freine nos importations !

/Flo/

# Posté le lundi 15 octobre 2007 14:35

Modifié le samedi 29 décembre 2007 07:53