Blogstar!

On est Blogstar depuis aujourd'hui.
Merci à tous pour vos commentaires de soutien ou de débat : c'est exactement le but de ce blog, partager des infos et faire des débats sur l'actualité.

On précise simplement que vos commentaires peuvent mettre un petit peu de temps avant d'être publiés : on les lit tous (sans exception) et on supprime la pub pour que le blog reste "lisible".

Merci pour votre soutien. On prépare déjà les nouveaux articles.

D'ailleurs on vous met à contribution : n'hésitez pas à nous dire les sujets que vous aimeriez voir traités sur ce blog. Nous nous efforcerons de répondre à votre demande dans les plus brefs délais.

Les auteurs : /Toto/ et /Flo/

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 14:37

Modifié le samedi 29 décembre 2007 08:03

Le rachat des Echos par LVMH ; Indépendance éditoriale en péril ? ; La négociation de La Tribune par Alain Weill : le propriétaire du numéro 1 choisit le repreneur du numéro 2

Le rachat des Echos par LVMH ; Indépendance éditoriale en péril ? ; La négociation de La Tribune par Alain Weill :  le propriétaire du numéro 1 choisit le repreneur du numéro 2
On en a pas finit de tomber des nues : Un groupe de presse appartient a un industriel ! En effet, c'est le lundi 5 novembre, qu'on a annoncé l'achat des Echos, par le géant du luxe LVMH, transaction qui s'élèverait à 240 millions d'euros. La dernière fois qu'on avait vu ça, c'est quand Robert Hersant, surnommé le papivore (vous allez savoir pourquoi), avait racheté le Figaro en 1975. Il était alors le nouveau magnat de la presse. << La finalité d'une entreprise au plan industriel, c'est son développement, et la stagnation c'est le commencement de la fin. >> justifie-t-il sur le moment.

2, 3 mots sur LVMH : Son pdg est Bernard Arnault (première fortune de France. Pour info, c'est un proche de Nicolas Sarkozy, puisque ce dernier a été témoin à son mariage). LVMH, c'est le luxe, avec des marques prestigieuses comme : Louis Vuitton (LV), Chaumet, Dior et Kenzo ; mais aussi les vins avec Moët & Hennessy (MH), ou encore Veuve Cliquot. La fusion de LV avec MH, autre acteur du luxe français, en fait une sorte de concentration conglomérale, puisque des entreprises aux activités différentes se sont regroupées (LVMH fait aussi dans la distribution avec Sephora). Pourquoi une telle concentration ? pour diversifier les placements financiers. Bouygues est de la même façon un exemple de concentration conglomérale puisqu'il s'organise autour de 2 pôles : la Construction, avec BTP (électricité, immobilier, routes) ; et les Télécoms-Médias avec TF1. Pour résumer, vous avez compris : LV + MH => LVMH = numéro 1 du luxe mondial.

C'est alors qu' on apprend que LVMH a négocié avec le groupe Pearson (propriétaire du titre les Echos, premier groupe de presse économique français, qui comprend le quotidien Les Echos du même nom et le mensuel Enjeux). Le journal aura 100 ans en 2008, et après l'annonce de son rachat par LVMH, la rédaction a voté la grève pour la 3ème fois depuis son histoire. Autant dire que les revendications ne sont pas à prendre à la légère. Que craignent les salariés ? la censure, et que leur indépendance éditoriale en prenne un sacré coup... En effet, imaginez que Bernard Arnault fasse à côté des plans de licenciements , plans contre lesquels pouvait protester le journal. Il y aurait alors conflit d'intérêt. Et derrière le rachat des Echos par LVMH, n'y a-il pas une volonté de contrôler l'information économique ?

Pour se défendre, David Bell, président du groupe Pearson, a affirmé que dans le mandat de vente, le groupe a émis plusieurs conditions, notamment celle de l'indépendance éditoriale, et du maintien de l'emploi. Pour Bernard Arnault, la rédaction des Echos tend à << diaboliser sa présence et son arrivée [...] Tout ce processus n'est qu'un malentendu et un procès d'intention. >> ajoute-il.

Enfin, Bernard Arnault va vendre La Tribune dont il est le propriétaire depuis 1993, 2ème groupe de presse économique et donc 1er concurrent direct des Echos. Il est d'ailleurs déjà rentré en négociation avec le pdg de NextRadio TV, Alain Weill. Pourquoi ? Pour échapper aux sanctions de la DGCCRF, gendarme qui lutte pour une concurrence loyale. En quoi cette transaction est "spectaculaire" ? Le propriétaire du numéro 1 a choisit le repreneur du numéro 2 ! En tout cas, je souhaite bonne chance à Alain Weill, car racheter un journal qui perd en moyenne 13 millions d'euros par an, et qui voit défiler un par un ses pdg et ses directeurs de rédaction depuis 1993, cela ne va pas être de tout repos. Même avenir pour Les Echos ?

/Flo/

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 15:08

Modifié le samedi 29 décembre 2007 08:02

Au fait, un euro et un baril élevé, pourquoi c'est mal pour la France?

Au fait, un euro et un baril élevé, pourquoi c'est mal pour la France?
Chaque jour depuis quelques mois, on entend parler d'un euro qui grimpe toujours plus, et un baril de pétrole qui semble ne jamais cesser lui non plus. Mais en dessous de ces chiffres, pourquoi tant de monde s'alarme d'une telle flambée des prix et quelles conséquences cela a-t-il au niveau macroéconomique?

D'abord, rappelons brièvement pourquoi l'euro et le dollar s'aprécient :
-l'euro s'aprécie à cause/grâce (suivant les points de vue) aux taux d'intérêt qui sont plus avantageux de ce côté de l'Atlantique que de l'autre. Les USA ne souhaitent pas en effet une montée du dollar qui aggraverait leur déficit de compétitivité et à fortiori commercial à l'égard de leurs concurrents asiatiques. Pour pratiquer ce dollar faible, la Fed utilise des taux d'intérêt faibles. Les spéculateurs et leurs capitaux flottants vont donc se tourner vers l'euro, plus rémunérateur. L'euro s'aprécie aussi car la balance commerciale au niveau européen est largement excédentaire (merci l'Allemagne), et aussi parce-que l'Europe attire toujours un bon nombre d'investissements directs. Ainsi l'euro s'approche (dangereusement?) des 1,50 dollars.
-le baril, quant à lui, s'aprécie car maintenant tout le monde le sait : la ressource se raréfie. Or dans une économie mondiale fonctionnant sur le marché, la loi de l'offre et de la demande est reine : moins de pétrole disponible et plus de demande (tirée par les pays émergents) donne un baril plus cher. On peut aussi ajouter la baisse du dollar par rapport aux autres devises (le pétrole étant payé en dollar, les pays ayant d'autres monnaies le paient moins cher; ils sont donc prêt à payer un peu plus). On peut aussi expliquer cette hausse du baril par les tensions diplomatiques entre la Turquie et l'Irak (qui possède une partie des gisements), ou enfin l'Opep qui a décidé de ne pas fournir au-delà de 500 000 barils/jour d'ici novembre (donc qui diminue d'autant plus l'offre).

Maintenant que l'on comprend pourquoi le baril et l'euro sont si chers, essayons de comprendre pourquoi est-ce que cela pose un réel problème pour notre économie :
-d'abord, cela peut paraître évident pour certains, mais précisons tout de même que le pétrole, on ne le fait pas nous-même, mais on l'importe. Or si le prix du pétrole augmente, le prix des importations augmente d'autant plus. Et c'est bien là un des problèmes : le prix de nos importations augmente, mais pas celui de nos exportations. D'une part parce-que (contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne), nos produits sont moins spécifiques, moins inovants. D'autre part parce-que l'euro fort (et oui toujours là celui-là) nous rend moins compétitifs : nos acheteurs préfèrent se tourner là où le produit est moins cher. La balance commerciale française est donc largement déficitaire (près de 28 milliards d'euros en 2006). Et concrètement, pourquoi une balance commerciale déficitaire a de quoi alarmer? Parce-que cela signifie que la France vit au dessus de ses moyens, puisque s'endettant toujours davantage.
-ensuite une hausse des prix diminue presque "mécaniquement" le pouvoir d'achat des ménages, qui consomment donc moins voire préfèrent épargner (motif de précaution). Les entreprises produisent alors moins, embauchent moins (voire licencient), et on tombe dans un cercle vicieux. De plus, la baisse de la consommation est d'autant plus un problème que la consommation est en France le principal moteur de l'économie. Donc si la consommation baisse, la croissance baisse de même.
-enfin, l'euro a un impact direct sur les grands industriels et grands groupes français. En effet, un euro qui augmente, en ce moment, signifie des exportations qui diminuent, et donc des pertes. Un chiffre qui peut aider à comprendre l'importance de la valeur de l'euro sur la contrainte extérieure est tiré du bilan d'EADS : aujourd'hui, lorsque l'euro s'aprécie de 10 centimes, EADS en perd 1 milliard... Ca laisse à réfléchir il faut l'avouer! De même, on a beaucoup parlé du plan "power 8", qui (à travers les licenciements) permettait de faire 5 milliards d'économies. Or ce plan a été basé sur la base d'un taux de change à 1,35 dollars pour 1 euro. Or aujourd'hui, l'euro vaut près de 1,50 dollars; c'est donc d'autant moins d'économies pour le groupe... et un risque d'autant plus grand de licencier encore plus pour rééquilibrer les comptes.

On la bien compris, pour la France, la flambée du baril et la hausse de l'euro affaiblissent la compétitivité, le moral des agents, et le solde de la balance commerciale. De plus, des visions inflationnistes semblent se dessiner à l'horizon. On serait tenté de dire "mais que fait l'Europe et la BCE? Il suffit de baisser les taux et hop l'euro retourne là où il doit être". Mais cela n'est pas si simple, d'une part parce que les taux d'intérêt ne font pas tout (comme nous l'avons montré) et d'autre part parce-que en admettant que la BCE baisse ses taux, l'euro pourrait peut-être baisser (pas sûr), mais cela engendrerait "mécaniquement" une hausse de l'inflation, les agents ayant plus facilement accès au crédit. Et cela est contre la mission de la BCE.
Aujourd'hui, la BCE reste sur ses positions avec des taux forts. Mais tout va très vite en économie, et rien ne nous dit qu'elle ne changera pas prochainement de politique en faveur de la croissance. Mais en tout cas, pour demain, comme le dit notre ministre de l'économie, "sortez vos vélos".

/Toto/

# Posté le lundi 12 novembre 2007 13:24

Modifié le lundi 12 novembre 2007 13:38

L'omniprésence de Nicolas Sarkozy ; la libération des journalistes ; la rencontre avec les marins-pêcheurs ; au congrès américain

L'omniprésence de Nicolas Sarkozy ; la libération des journalistes ; la rencontre avec les marins-pêcheurs ; au congrès américain
C'est hier que la reine Elisabeth II a inauguré la gare londonienne de Saint Pancras, qui a été rénovée. On a baptisé la nouvelle ligne << High Speed One >>, du fait que Londres n'est maintenant plus qu'à 2h15 de Paris. C'est l' hyperactif omniprésent Nicolas Sarkozy qui va être content ! lui qui est sur tous les fronts et qui selon le socialiste Jean-Louis Bianco << ne résiste pas à la tentation permanente de mettre en scène son action comme s'il était le seul à agir >>. Il faut dire aussi qu' avec Chirac, on était habitué à avoir un président en retrait. Vous croyez qu'il se pique notre Super-Zoro pour être si résolu malgré les aller-retour ?

Le 4 novembre, il a fait libérer les journalistes et les hôtesses après une intervention éclaire de 2h à N'Djamena (c'est une demi-victoire, va-t-il devoir y retourner pour aller chercher les autres ?) Par la même occasion, il a jeté de l'huile sur le feu du nationalisme tchadien. << Voleurs d'enfants ! >> crient les manifestants. Ajoutons que les Tchadiens veulent que les "escrocs" (c'est comme ça qu' on les désigne) soient jugé au Tchad. Pour eux, aucune extradition est possible puisque l'acte a été commis sur leur sol. A quand Sarkozy en Colombie pour libérer Ingrid Bettancourt ?

Hier matin, il était dans le Finistère, et a rencontré les marins-pêcheurs en grève (avant même Michel Barnier, le ministre de l'agriculture et de la pêche, qui les rencontrera aujourd'hui), qui protestent contre la flambée des prix du gazole (voir l'article posté le lundi 29 octobre 2007 au sujet de l'augmentation sensible du prix du pétrole). L'accueil, il faut le dire, n'a pas été très cordial à son arrivée, mais les pêcheurs ont été plutôt séduits par son plan, et pour cause, une des mesures de ce dernier est l'exonération totale des cotisations sociales des marins-pêcheurs pour une durée minimum de 6 mois, même si cette suppression de taxe coûtera plus de 20 millions d'euros à l'Etat, et puis, c'est bien beau tout ça, mais cela ne résoudra pas le problème à long terme. Enfin, moins appréciée, une autre mesure consisterait à répercuter le coût du carburant dans le coût du poisson : déjà que le consommateur trouve le prix du poisson très cher...

Ensuite, le président s'est envolé avec son airbus A 319 vers les Etats-Unis, à Washington, où il a dîné avec G.W Bush, avant de s'adresser aujourd'hui au congrès américain. Là bas, il a rencontré des vétérans de la seconde guerre mondiale, plus un symbole de l'amitié franco-américaine qu'autre chose. Amitié, qui remonte sans doute à la guerre d'indépendance, où La Fayette et Washington ont combattu ensemble. Nicolas Sarkozy n'a pas contesté la faiblesse du billet vert de Washington (sachant qu'il conteste la faiblesse du yuan), qui rappelons-le, est nécessaire pour les exportations américaines, à un moment ou la demande intérieure n'est pas très dynamique.

Enfin, il y a toujours des sujets "qui fâchent" comme l'Irak, mais Sarkozy l'a dit plus d'une fois : << Je suis un ami des Etats-Unis, mais pas un vassal >>. La France participe tout de même à la question irakienne, notamment par la visite surprise de Kouchner à Bagdad, sans pour autant envoyer des troupes.

Le scénariste comédien Sacha Guitry disait << Le piéton ne va nulle part, mais, en revanche, il est partout, partout où il ne devrait pas être. C'est une sorte d'ennemi qui a été créé pour rendre la circulation difficile >> Je pense que notre président est un des ces piétons.

/Flo/

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 09:29

Modifié le samedi 29 décembre 2007 16:32

B H L ; Le Conflit du Darfour ; Le grand cadavre à la renverse

B H L ; Le Conflit du Darfour ; Le grand cadavre à la renverse
Le philosophe Bernard-Henri Lévy a dit 2 mots hier soir sur cette navrante opération, qu' est celle de l'Arche de Zoé (voir l'article posté le jeudi 01 novembre 2007). D'après lui, tout le monde se focalise sur cette affaire, mais il aurait aimé qu'on parle tout autant du conflit du Darfour. Il illustrera son propos par un proverbe chinois << Quand le sage montre la lune. L'imbécile regarde le doigt. >> Le doigt, c'est l'Arche de Zoé. La lune, c'est le Darfour, lâche-t-il.

Rappelons donc la complexité des causes de la guerre civile au Soudan, avec des raisons religieuses et ethniques : une province du sud christianisée et un nord arabo-musulman, qui cherche à "islamiser" le sud, et des causes économiques : puisque les bénéfices de l'exploitation pétrolière servent à la guerre.

En effet, ces mêmes ressources pétrolières sont situées au sud du pays. On comprend donc pourquoi la milice arabe de Khartoum, soutenue par le gouvernement soudanais du dictateur Béchir (l'intégrisme islamiste est à l'origine du terrorisme d'Etat), attaque les tribus noires africaines du sud (on voit bien que ce n'est pas seulement une question d'islamisation), avec des armes, fournies principalement par la Chine, première partenaire commerciale économique du pays (comme la Russie vend des armes en Tanzanie, en échange de la partie "mangeable" de la Perche du Nil, pour les plus pessimistes d'entre vous qui auraient vu le Cauchemar de Darwin.)

L'argent du pétrole sert à acheter de l'armement. Et l'armement sert à prendre le contrôle sur le pétrole. Serpent qui se mord la queue, donc conflit incessant ?

Pour convaincre la Chine d'abandonner la junte soudanaise comme la junte birmane (voir l'article posté le vendredi 28 septembre 2007), les Etats-Unis leur rappellent qu'ils représentent plus de 30% des exportations chinoises.

Retenons surtout que le conflit est enchevêtré par un système d'alliances croisées entre les gouvernements et les groupes rebelles : Le gouvernement tchadien soutient les rebelles soudanais, et le gouvernement soudanais, les rebelles tchadiens. Une chose est sûre, le conflit du Darfour a entraîné la mort (300 000 depuis 1983), et l'exode d'un grand nombre sans que les responsables soient inquiétés.

Ce soir là, bien évidemment, Bernard-Henri Lévy a aussi parlé de son nouveau livre : (la gauche) << Ce grand cadavre à la renverse >>, phrase inspirée de Sartre. Même s'il s'inscrit à gauche, pour lui, l' antilibéralisme est le mépris de la liberté, et donc de toute une partie de l'histoire : celle de la révolution anglaise, américaine et française. << On croit s'en prendre à George Soros, et c'est Gavroche qu'on assassine >>

Tout comme l'antiaméricanisme est selon lui la métaphore de l'antisémitisme (le terme antisionisme serait sans doute plus approprié), mais être l'ennemi des Américains, signifie-t-il forcément, être indirectement, l'ennemi de l'ami des Américains, c'est-à-dire du juif ? << Pourquoi n'en avons-nous entendu aucun, jamais, nous dire ce qu'il (Olivier Besancenot) pensait du président iranien Ahmadinejad déclarant, de façon répétée, que l'annihilation d'Israël était son rêve >> Le "Michael Moorisme", qui s'attaque à George W. Bush et démontre les liens de ce dernier avec la famille Ben Laden, y est aussi démystifié << Fahrenheit 911 n'était qu'une variation sur les vieux thèmes isolationnistes, populistes, hypernationalistes et chauvins des Pat Buchanan et autres extrémistes de droite américains >>

Enfin, à propos du Monde Diplomatique de novembre 2007 qui lui consacrait sa première page, pour dire justement qu'on lui donne trop de pages, << C'est un sacré paradoxe >> s'amuse BHL le célèbre entarté.

/Flo/

# Posté le dimanche 04 novembre 2007 09:09

Modifié le samedi 29 décembre 2007 08:00