Plusieurs personnes ayant demandé un article sur cette loi, prenons un peu de temps pour la décortiquer.
La loi LRU date du 10 août 2007; elle explique que d'ici 5 ans, toutes les universités devront avoir pris leur autonomie. Les universités appliquant cette loi verront donc leurs compétences élargies en terme de budget et de gestion des ressources humaines. Qu'est-ce que cela veut dire concrètement? Dans un premier temps, on va essayer de comprendre cette loi, et ensuite on verra les reproches qui lui sont faits.
D'abord, cette loi renforce le pouvoir du conseil d'administration de l'université.
Par exemple, le conseil a la liberté de créer des unités de formations et de recherche. De plus, les pouvoirs du président sont renforcés : il a un droit de véto sur le recrutement du personnel et des enseignants-chercheurs entre autres.
Le président du conseil est élu pour 4 ans par les autres membres du conseil. Il n'est pas nécessairement un enseignant-chercheur : il peut être choisi à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, sans condition de nationalité.
Ensuite, comme on l'a dit, cette loi élargie les compétences en matière de budget et de gestion des ressources humaines.
D'abord en terme de budget : le budget est maintenant global : l'Etat verse une subvention qui sert à la fois au paiement des salaires, aux dépenses de fonctionnement et aux investissements.
La part du budget versée par l'Etat destinée au salaire est limitée. Mais à l'intérieur de ce budget destiné aux salaires, le conseil décide la part destinée au recrutement de nouveaux personnels et enseignants.
De plus, l'établissement a la possibilité de créer des partenariats et des filiales (donc avec des entreprises) pour diversifier et amplifier son budget. Il est évident que les entreprises en investissant dans les universités cherchent une contrepartie; les défenseurs de cette loi expliquent alors que les entreprises financent les filières qui répondent aux besoins immédiats, ce qui permet de rendre l'université plus efficace.
L'établissement se doit de plus d'informer régulièrement la ministre de l'Enseignement Supérieur (actuellement Valérie Pécresse) en ce qui concerne l'état du budget.
Ensuite l'université dispose de compétences élargies au niveau de la gestion des ressources humaines : elle a la possiblité de donner des primes au personnel et enseignants, et une plus grande facilité pour les recruter.
Enfin cette loi est aussi en faveur des étudiants (en tout cas c'est ce qui est écrit dans la loi) : d'abord par la création d'un bureau d'aide à l'insertion professionnelle, ou encore la possibilité pour l'établissement de recruter des étudiants pour des activités de tutorat ou de service en bibliothèque par exemple.
Il faut noter que que 15 milliards d'euros d'investissements sont programmés par l'Etat entre 2008 et 2012 pour l'Enseignement supérieur, auxquels va s'ajouter une enveloppe de 5 milliards d'euros.
Pourtant, cette loi ne plaît pas à tout le monde, et de nombreux reproches sont fait, en particulier par les étudiants et les enseignants-chercheurs.D'abord la loi LRU est "une marche en avant vers la privatisation des universités" (car investissements privés). Ces investissements privés (= par les entreprises) donnent un droit de regard sur les enseignements, et donc peut agir sur la qualité de l'enseignement.
De plus, cette "privatisation" engendre des inégalités entre universités et entre élèves, certaines accueillant plus d'investissement que d'autres. Il y a de plus aucune incertitude sur le maintien des frais d'inscription à ce niveau. On pourrait même penser le contraire, si on regarde les autres pays ayant appliqué cette politique.
Ensuite, des reproches sont faits sur le super-pouvoir du président du conseil d'administration, notamment son droit de véto sur la nomination du personnel et enseignants.
Enfin, à terme, la représentation des étudiants, du personnel et des enseignants-chercheurs pourraient diminuer en faveur de "personnalités extérieures".
En conclusion, cette loi LRU rend les universités plus autonomes, notamment en terme de budget et de gestion des ressources humaines, permis par un renforcement du pouvoir du conseil d'administration (en particulier du président). Cette loi pourrait être la clé permettant de sortir les universités du gouffre dans lesquelles elles semblent tomber, mais cela ne se fait pas sans réticences et contestations. Une chose semble partagée néanmoins entre favorables et contestataires : cette loi est très difficile à comprendre, et pour parler clairement "personne n'y comprend rien", et d'autre part, tout le monde est d'accord sur le fait qu'une réforme de l'enseignement supérieur est plus qu'urgente.
/Toto/
La loi LRU date du 10 août 2007; elle explique que d'ici 5 ans, toutes les universités devront avoir pris leur autonomie. Les universités appliquant cette loi verront donc leurs compétences élargies en terme de budget et de gestion des ressources humaines. Qu'est-ce que cela veut dire concrètement? Dans un premier temps, on va essayer de comprendre cette loi, et ensuite on verra les reproches qui lui sont faits.
D'abord, cette loi renforce le pouvoir du conseil d'administration de l'université.
Par exemple, le conseil a la liberté de créer des unités de formations et de recherche. De plus, les pouvoirs du président sont renforcés : il a un droit de véto sur le recrutement du personnel et des enseignants-chercheurs entre autres.
Le président du conseil est élu pour 4 ans par les autres membres du conseil. Il n'est pas nécessairement un enseignant-chercheur : il peut être choisi à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, sans condition de nationalité.
Ensuite, comme on l'a dit, cette loi élargie les compétences en matière de budget et de gestion des ressources humaines.
D'abord en terme de budget : le budget est maintenant global : l'Etat verse une subvention qui sert à la fois au paiement des salaires, aux dépenses de fonctionnement et aux investissements.
La part du budget versée par l'Etat destinée au salaire est limitée. Mais à l'intérieur de ce budget destiné aux salaires, le conseil décide la part destinée au recrutement de nouveaux personnels et enseignants.
De plus, l'établissement a la possibilité de créer des partenariats et des filiales (donc avec des entreprises) pour diversifier et amplifier son budget. Il est évident que les entreprises en investissant dans les universités cherchent une contrepartie; les défenseurs de cette loi expliquent alors que les entreprises financent les filières qui répondent aux besoins immédiats, ce qui permet de rendre l'université plus efficace.
L'établissement se doit de plus d'informer régulièrement la ministre de l'Enseignement Supérieur (actuellement Valérie Pécresse) en ce qui concerne l'état du budget.
Ensuite l'université dispose de compétences élargies au niveau de la gestion des ressources humaines : elle a la possiblité de donner des primes au personnel et enseignants, et une plus grande facilité pour les recruter.
Enfin cette loi est aussi en faveur des étudiants (en tout cas c'est ce qui est écrit dans la loi) : d'abord par la création d'un bureau d'aide à l'insertion professionnelle, ou encore la possibilité pour l'établissement de recruter des étudiants pour des activités de tutorat ou de service en bibliothèque par exemple.
Il faut noter que que 15 milliards d'euros d'investissements sont programmés par l'Etat entre 2008 et 2012 pour l'Enseignement supérieur, auxquels va s'ajouter une enveloppe de 5 milliards d'euros.
Pourtant, cette loi ne plaît pas à tout le monde, et de nombreux reproches sont fait, en particulier par les étudiants et les enseignants-chercheurs.D'abord la loi LRU est "une marche en avant vers la privatisation des universités" (car investissements privés). Ces investissements privés (= par les entreprises) donnent un droit de regard sur les enseignements, et donc peut agir sur la qualité de l'enseignement.
De plus, cette "privatisation" engendre des inégalités entre universités et entre élèves, certaines accueillant plus d'investissement que d'autres. Il y a de plus aucune incertitude sur le maintien des frais d'inscription à ce niveau. On pourrait même penser le contraire, si on regarde les autres pays ayant appliqué cette politique.
Ensuite, des reproches sont faits sur le super-pouvoir du président du conseil d'administration, notamment son droit de véto sur la nomination du personnel et enseignants.
Enfin, à terme, la représentation des étudiants, du personnel et des enseignants-chercheurs pourraient diminuer en faveur de "personnalités extérieures".
En conclusion, cette loi LRU rend les universités plus autonomes, notamment en terme de budget et de gestion des ressources humaines, permis par un renforcement du pouvoir du conseil d'administration (en particulier du président). Cette loi pourrait être la clé permettant de sortir les universités du gouffre dans lesquelles elles semblent tomber, mais cela ne se fait pas sans réticences et contestations. Une chose semble partagée néanmoins entre favorables et contestataires : cette loi est très difficile à comprendre, et pour parler clairement "personne n'y comprend rien", et d'autre part, tout le monde est d'accord sur le fait qu'une réforme de l'enseignement supérieur est plus qu'urgente.
/Toto/

