Le << causus >> de L'Iowa ; des candidats qui se targuent de représenter le changement ; Du côté démocrate, Barack Obama contre la politique partisane, Hillary Clinton, la << come back girl >>.

Le  << causus >> de L'Iowa ; des candidats qui se targuent de représenter le changement ; Du côté démocrate, Barack Obama contre la politique partisane, Hillary Clinton, la << come back girl >>.
C'est le 3 janvier, à l'Iowa, Etat agricole du Midwest, qu'a été donné le coup d'envoi des primaires pour les élections présidentielles aux Etats-Unis. Sous forme de << causus >>, c'est-à-dire de votes précédés d'un débat pour aider les électeurs à départager les candidats, ce scrutin était le premier après un an de campagne. C'est pourquoi, en plus du fait que l'Iowa compte 3 millions d'habitants, ce qui n'est pas négligeable, la presse a attaché autant d'importance à ce premier appel aux urnes.

Il est amusant de constater que, pendant les périodes électorales, les candidats, par ravissement, s'attribuent de nouvelles dispositions. Barack Obama danse sur du gospel au Saturday Night Show, comme Ségolène Royale avait dansé avec Jamel. Quand à Hillary Clinton, dans un élan de bonté, on l'a surprise ajuster la couverture d'un handicapé en fauteuil roulant. D'ailleurs, on a presque oublié qu'il y avait des républicains dans cette course à l'investiture à la succession de George Bush, tant les médias (français) se sont focalisés sur Hillary et son principal rival Barack Obama, alors rappelons que du coté républicain, c'est le pasteur sénateur de l'Illionois, Mike Huckabee, qui est en tête.

Tant du côté démocrate que républicain, tous se disent représenter le changement, et ce, même l'ex gouverneur du Massachusetts, Romney, candidat soutenu indirectement par le président Bush. Au Texas, par exemple, où on se préoccupe plus de l'Irak, guerre qui ne mène à rien (voir article posté le vendredi 28 décembre), que de l'emploi, un journaliste du quotidien local de Killeen, ville qui avait voté à 70 % pour Bush en 2000, constate que << les autocollants "W" qui fleurissaient à l'arrière des voitures ont disparu >>. Mais le changement ne porte pas que sur la politique étrangère, il porte aussi sur la formation politique. Par exemple, Barack Obama est désireux de << redessiner la carte électorale du pays. >> << Nous ne sommes pas une collectivisation d'Etats rouges (républicains) et d'Etats bleus (démocrates). Nous sommes les Etats-Unis d'Amérique >> clame-t-il.

Hillary Clinton, qui s'était démarqué de Barack Obama, en discréditant ses idées, qui, on peut le dire, sont parfois conventionnelles, et en mettant en avant son expérience face à un jeune de 46 ans qui finit tout juste de payer les dettes du financement de ses études, s'est fait largement devancer aux primaires du 3 janvier, et n'a obtenu qu'une quelconque troisième place, derrière l'ancien sénateur de Caroline du Nord John Edwards.

<< Ce que vous voulez, c'est une politique fondée sur le concret, pas sur l'idéologie, sur la franchise, pas sur la "com". >> lance Obama, visant directement la sénatrice de New York. Mais l'ancienne First Lady, elle qui est si bien entourée, par son mari Bill Clinton, Madelaine Albright, ministre des affaires étrangères sous Clinton, ou encore Wesley Clark, son éventuel choix à la vice-présidence si elle était élue, ne bronche pas. << Nous allons tout de suite emmener cet enthousiasme dans le New Hanpshire. >> assure-t-elle. Chose faite, Hillary Clinton, qu' on a alors surnommé la << come back girl >>, obtient 35 % des voix dans le New Hamsphire, et devance Barack Obama qui n'est qu'à 36. De son côté, Bush s'était rendu en Israël, il serait peut-être temps pour une dernière année de mandat, afin de relancer un éventuel procesus de paix entre Israël et Palestine.

Dans le New Hanpshire, où la population est blanche à 94 %, certains disent que Barack Obama aurait été victime d'un vote anti-Noir. Il est vrai que dans les 2 cas, les démocrates seront dans une situation d'exception puisqu'ils auront à choisir entre une femme, ou un Noir. Pour reprendre le Nouvel Obs, si c'est un Noir, ça va encore être un homme, et si c'est une femme, ça va encore être un Blanc.

Rendez-vous le 15 janvier dans le Michigan, pour les prochaines primaires !

/Flo/

# Posté le dimanche 13 janvier 2008 15:03

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 07:10

Ma guerre contre la guerre au terrorisme (Points)

Ma guerre contre la guerre au terrorisme (Points)
Terry Jones, ancien Monty Python à la silhouette chaplinesque, regroupe dans << Ma guerre contre la guerre au terrorisme >> les articles satiriques qu'il a fait publier dans la presse britannique de 2002 à 2005, dans lesquels il bat en brèche la vision manichéenne du monde de l'administration Bush, et le << novlangue >> que cette dernière exploite contre la tentation de réfléchir, faisant de la grammaire << la première victime de la guerre >>. L'idée, il l'eut après que Bush, inspiré par Dieu, eût dit << We're going to catch the evil perpetrators of this evil deed ! >> le lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

<< Il y a quelque chose qui m'inquiète particulièrement dans la << guerre au terrorisme >> du président Bush : c'est la grammaire. Comment livre-t-on une guerre contre un substantif abstrait ? (...) Dans la plupart des guerres, on peut prétendre avoir gagné quand l'autre camp est exterminé; ou quand il capitule. Mais comment le << terrorisme >> pourra-t-il capituler ? (page 49) >>. En fait, l'auteur s'interroge sur le sens même du mot << terrorisme >> car il a été longtemps un instrument de politique étrangère pour les Etats-Unis, qui ont par exemple, au Chili, soutenu les opposants au régime de Salvador Allende en 1973, qui ont armés les antisandinistes au Nicaragua en 1980 après que les membres du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) aient soutenu la guérilla salvadorienne, ou encore qui sont intervenus au Panama en 1989 afin de renverser les partisans du général Noriega, avec l'opération << Juste cause >>. Terry Jones prend alors l'exemple de l'usine pharmaceutique au Soudan que les Etats-Unis ont bombardé en 1998, sous prétexte qu'on y fabriquait selon la CIA des armes chimiques. << La pénurie de médicaments qui s'est ensuivie a probablement tué des milliers de personnes, mais ce n'était pas un << acte de terrorisme >> selon la signification du mot, parce que c'est le gouvernement américain en tant que tel qui l'a commis (page 51) >> On en vient alors a se poser la question suivante : La violence est-elle légitime et acceptable << tant qu'elle reste le fait de l'Amérique >> ?

Autre abus de langage : l'utilisation du mot << guerre >> pour désigner le bombardement de l'Irak par la coalition américano-britannique. << Mon dictionnaire définit une << guerre >> comme un << conflit ouvert, armé, entre deux parties, nations ou Etats >>. Dès lors, larguer des bombes, protégé par l'altitude, sur une population déjà en difficulté, aux infrastructures ruinées par des années de sanctions et vivant sous la coupe d'un régime oppressif, ce n'est pas une guerre. C'est du tir aux pigeons (page 92) >> En effet, contrairement à ce qu'on peut se laisser croire, les forces irakiennes ont peu combattu et ont dû très vite capituler, le 1er mai 2003, soit un peu plus d'un moi après le commencement de cette seconde "guerre" du Golfe, guerre qui n'a pas de réelle justification, puisque le président Bush et Tony Blair avaient prétendu que le monde occidental était menacé par L'Irak de Saddam Hussein, qui n'avait soit dit en passant aucun lien avec Al-Qaida, bien que des armes de destructions massives n'aient jamais été trouvées dans ce pays. Au contraire, après l'invasion, les poches de rébellion, qui n'avaient besoin que d'une étincelle pour s'embraser, se sont renforcées, et l' << aventure de Bush et Blair aura suscité une telle haine à travers le monde arabe, qu'il en sortira cent nouveaux Ben Laden (page 116) >>. L'auteur décrypte alors avec une verve railleuse digne du réalisateur de << La vie de Brian >>
la mécanique islamophobe qui se met en place << Et s'il fallait que M. Bush règle son compte à toute personne susceptible de devenir terroriste ? Peut-être ne pourra-t-il être certain d'avoir atteint son objectif que lorsque tous les intégristes musulmans seront morts ? Mais il se pourrait qu'alors des musulmans modérés se convertissent à l'intégrisme. Peut-être que la seule chose à faire, pour que M. Bush soit vraiment sûr de son coup, serait de débarrasser l'univers de tous les musulmans ? (page 84) >>

<< Condoleezza Rice a assuré au président Bush que << l'Irak est souverain >>, ce qui selon mon dictionnaire, signifie << indépendant de l'autorité étrangère >>. La réalité, bien sûr, est différente : 140 000 soldats américains sont stationnés sur le sol d'Irak, sans possibilité pour le gouvernement irakien de s'en débarrasser ; il n'a aucun pouvoir sur eux, sinon celui d'autoriser de nouveaux bombardements sur Falloudja (page 185) >> La reconstruction du pays, que les Etats-Unis n'ont pas réussi à pacifier à cause des révoltes chiites et sunnites, s'avère plus que difficile, et donc la démocratie n'a toujours pas été mise en place en Irak. Cela valait-il vraiment le coup de remplacer la brutalité d'un dictateur déchu par celle de l'armée américaine d'invasion ? Et tous les boys ne seront pas rapatriés avant 2010, et ce, même si Hillary Clinton est élue, puis les dirigeants américains le savent, le complexe militaro-industriel, soit le lien très fort entre l'Etat, l'industrie, et l'armée (le nom a été donné par Eisenhawer, qui dénonce déjà l'emprise de ce complexe) << a besoin d'un ennemi, pour vouloir subsister grâce aux ventes d'armes aux belligérants. Sans conflit dans le monde, les fabricants d'armes sont morts - et ce n'est pas une perspective que Donald Rumsfeld et Dick Cheney sont disposés à envisager un seul instant (page 212) >>

Plus grave encore, le jargon employé par les dirigeants américains fait inéluctablement de nous des assujettis à la pensée américaine à la domination sans partage, et donc des victimes de la Soft power (puissance douce), qui tend, par son attraction et sa séduction, à nous influencer dans nos choix et nos idées. Parce que la France, comme l'Allemagne, se sont opposées à la guerre en Irak, Colin Powell, chef d'État-major des armées pendant la 1ère guerre du Golfe reconvertit en secrétaire d'État polémiste, a déclaré que ces nations avaient << peur de prendre leurs responsabilités pour imposer la volonté de la communauté internationale >>. << La << lâcheté, selon Colin Powell, désigne le refus de s'en prendre, dans le but de renforcer les intérêts pétroliers américains au Moyen-Orient, aux milliers de civils innocents qui vivent à Bagdad. Le corollaire, c'est sans doute que le << courage >> consiste à pouvoir décréter la mort de 100 000 Irakiens; sans broncher ni vomir sa Caesar salad (page 90) >> Il en est de même quand ces dirigeants américano-britanniques font << accepter aux gens l'étiquette << rebelles >> pour parler de ces Irakins descendus par des snipers américains, quand il s'agit en fait de femmes enceintes, de garçons de treize ans et de vieillards assis devant leur porte (...) cela sonne un peu faux d'appeler << combattants >> des ambulanciers abattus à travers leur pare-brise alors qu'ils conduisaient les blessés à l'hôpital (page 164) >> En fait, ces ambulanciers seront des dommages collatéraux, et ces jeunes de 13 ans des insurgés. Laquais des dirigeants, les médias dominants ont compris que c'est ces mots là, devant la télé, confortés dans leur ignorance passive et indécrottable, que les gens veulent entendre.

<< Les terroristes avaient pensé vous affaiblir, ils vous ont grandi. (...) Chaque fois qu'un soldat américain tombe dans le monde. Je pense à ce que l'armée d'Amérique a fait pour la France. >> a vibré Nicolas Sarkozy au congrès américain. La grandiloquence pompeuse de son discours, glorifiant l'histoire et les valeurs américaines, lui a valu maintes standing ovations. En renouant ces relations, il aurait, s'explique-t-il dans un entretien avec le Nouvel Observateur << obtenu des avancées sur l'environnement et le protocole de Kyoto (...) Si la question de l'environnement est devenue centrale en Amérique aujourd'hui, c'est aussi parce que j'ai fait bouger les choses. >> ajoute-t-il. Notre président se prendrait-il pour Al Gore ? Je pense que l'environnement était bien la moindre de ses préoccupations lorsqu'il était devant le congrès américain.

/Flo/

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 14:28

Modifié le samedi 29 décembre 2007 15:49

La visite du colonel Kadhafi ; << baiser de la mort >> ? ; (10 milliards d'euros de contrats) ; et couacs diplomatiques

La visite du colonel Kadhafi ; << baiser de la mort >> ? ; (10 milliards d'euros de contrats) ; et couacs diplomatiques
On parlait dans l'article précédent (voir article posté le dimanche 9 décembre) de la nouvelle politique africaine de la France que Nicolas Sarkozy voulait dessiner et des relations interméditerranéennes. Il faut dire aussi que, depuis le discours qu'il a tenu à Dakar, dans lequel il a mis en cause l'aptitude de l'homme africain à saisir l'avenir, la diplomatie africaine du gouvernement est vivement discutée. Ajoutons que le scandale de l'Arche de Zoé a entaché notre image (voir article posté le jeudi 1 novembre). Vous avez compris, la France n'a pas bonne presse en Afrique. Sarkozy a donc tout intérêt à faire évoluer dans le bon sens les relations avec les pays de l'autre côté de la rive de la Méditerranée, par le dialogue. C'est ce qu'il va engager, avec la visite du colonel Mouammar Kadhafi.

C'est avec une toque sur la tête et, recouvert d'une toge qu'est arrivé à Paris le colonel. Contrairement aux 3,4 zozos des frères Legrand qui ont renouvelés l'aventure Don Quichotte, lui, a eu l'autorisation d'installer sa tente dans la cour de l'Hôtel Marigny, en face de l'Elysée. Tente où il recevra ses invités, tradition du désert oblige. Apparemment, le << Guide >> libyen, à la mine défraîchie tel un Saddam Hussein après sa capture, aurait renoncé au terrorisme ! Sarkozy l'aide donc à poursuivre dans ce sens et lui rappelle combien<< il faut continuer à progresser sur le chemin des droits de l'homme dans tous ses aspects >> alors qu' à côté, Amnesty Internatinal qualifie la Libye de << dictature >>.

La Libye, charnière entre le Maghreb et le monde arabe de l'Est, tire essentiellement profit des ressources pétrolières. En 1969, le roi Idriss Senoussi a été renversé par un coup d'Etat militaire porté par Kadhafi. Ce dernier, reconvertit en chef d'Etat, a fondé, comme Chavez (voir article posté le samedi 1 décembre) un régime socialiste révolutionnaire, à la seule différence que Kadhafi, n'a toléré aucune opposition. Pivot du terrorisme international, Kadhafi était leur armurier. Beaucoup se rappellent l'attentat perpétré par des Libyens contre le DC10 d'UTA, qui a fait 170 morts dont une cinquantaine de Français, il y a 18 ans maintenant. Imaginez le président Bush recevoir Ben Laden à la Maison Blanche. Vous comprenez donc pourquoi sa visite en France est controversée, et ce jusque dans le parti de la majorité. D'autant plus que le 7 décembre à Lisbonne, Kadhafi a estimé << normal que les faibles aient recours au terrorisme face aux superpuissances >>.

Pour reprendre Roland Dumas, Kadhafi, ici, n'a pas que des amis. << Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou pas, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort. >> se formalise la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, elle qui n'accepte pas qu'une telle visite puisse avoir lieu un 10 décembre, journée mondiale des droits de l'homme, même si, par la suite, elle a modéré ses propos. On en a fait la première de couverture du POINT, << Rama Yade, La femme qui dit non >>. Elle, qui s'est longtemps contenu, pour la Chine, la Russie, ne << pouvait plus rester silencieuse >>. En même temps, si elle n'avait rien dit, en tant que secrétaire des droits de l'homme, elle a qui on reprochait de n'être que << gadget >> car symbole de la nouvelle génération Sarkozy, certains auraient pu lui reprocher son côté trop "laisser faire".

<< Kadhafi a abandonné les armes de destruction massive >> appuie Bernard Kouchner. Pourtant, il n'a pas assisté au dîner auquel il était convié à l'Elysée avec le numéro 1 libyen. Absent par un << heureux hasard >>, se justifie-t-il. Alors, que dire d'un ministre des affaires étrangères qui sèche toutes les rencontres avec un chef d'Etat en visite pour 5 jours à Paris ?

Alors sur le fond, qu'est-ce qui a été dit et conclu ? 10 milliards d'euros de contrats de participation sur l'armement, avec des avions rafales, des dizaines d'hélicoptères, et des navires vedettes rapides longs de plus de 20 mètres pour la dite Garde spéciale de Libye, dirigée par Saadi Kadhafi, vous l'avez compris, le fils du Guide de la révolution libyenne (ce qui montre bien sa mainmise sur le pays). Autres secteurs de prédilections : l'aéronautique, avec l'achat de 21 Airbus, et le nucléaire civil. En effet, un mémorandum a été signé et prévoit << la fourniture d'un ou plusieurs réacteurs nucléaires pour le dessalement de l'au de mer >> en Libye. La possession de réacteurs nucléaires lui permettrait alors d'exporter de l'électricité avec des pays européens comme l'Italie.

<< Avez-vous discuté des droits de l'homme avec Nicolas Sarkozy ? >> << Nous n'avons pas évoqué moi et le président ces sujets. >> répond le Guide dans un entretien avec France 2. Rama Yade disait << La France n'est pas qu'une balance commerciale >>, mais on pourrait croire que si, puisque la question des droits de l'homme n'aurait pas été évoqué, au bénéfice donc des négociations sur les contrats.

Autre pavé dans la mare, le colonel a désavoué l'internationalisation du conflit du Darfour. D'ailleurs, il n'a peut-être pas tout à fait tort, quand on sait que les Etats-Unis et la Chine sont sur le coup (voir l'article posté le dimanche 4 novembre 2007) << Si nous laissons les habitants du Darfour se débrouiller eux-mêmes, la crise se terminera d'elle-même >>.

Une chose est sûre, si Ségolène Royale avait organisé cette visite, on ne se serait pas gêné pour lui rappeler son incompétence en matière de diplomatie.

/Flo/

# Posté le dimanche 16 décembre 2007 14:55

Modifié le mardi 01 janvier 2008 06:06

La visite de Nicolas Sarkozy en Algérie : Un système colonial << injuste >>; l'Union de la Méditerranée, accords sur le nucléaire civil, résoudre le problème de circulation.

La visite de Nicolas Sarkozy en Algérie : Un système colonial << injuste >>; l'Union de la Méditerranée, accords sur le nucléaire civil, résoudre le problème de circulation.
Arrêter avec << la repentance >>. Pendant les élections, Nicolas Sarkozy en avait fait son cheval de bataille. Pourtant, s'y prendre à plusieurs fois pour condamner le système colonial qu'il juge << injuste par nature >>, comme il l'a fait lors de ces 3 jours de visite en Algérie, ça en a tout l'air ! En effet, tout penaud, il a parlé d'un système qui << ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d'asservissement et d'exploitation >>. Il prend donc le contre-pied du discours qu'il avait tenu à Dakar le 26 juillet, dans lequel il disait : << La France ne doit pas oublier les hommes et les femmes qui ont oeuvré de bonne foi pour leur pays et dans le respect de ses lois qui avaient construit des routes, des hôpitaux, des écoles, qui avaient enseigné, qui avaient soigné, qui avaient planté des vignes et des verges sur un sol aride >>.

En plus de cela, notre président a reconnu solennellement la << dette éternelle >> que la France doit aux troupes combattantes algériennes, dette soit dit en passant légitime, quand on sait que les pensions qui leur étaient versées, avant cette prise de conscience médiatisée par le long métrage de Rachid Bouchareb, étaient inférieures de moitié à celle des camarades blancs dont ils avaient partagé les combats et souffrances.

Cette sévère réprobation du système colonial, toute cette gratitude, cette reconnaissance, tout ça pour quoi ? Pour << se faire confiance et gagner le pari de l'Union de la Méditerranée >>.

Par ailleurs, pour rester dans l'optique de la France qui culpabilise, et surtout pas l'inverse, Nicolas Sarkozy a volontairement occulté les déclarations polémiques du ministre algérien des anciens combattants, Mohamed Cherif Abbès, au sujet du << lobby juif >>, lobby qui aurait selon ce dernier, servit à son admission à l'Elysée. << Il n'y a rien de plus semblable à un antisémite qu'un islamophobe. >> a-t-il balayé au plus vite, sans en tenir rigueur. Pour que l'entente reste cordial, il vaut mieux éviter les sujets qui fâchent ! et donc être disposé à faire des concessions.

Quelqu'un qui ne va pas en faire des concessions, c'est le député PS Pierre Moscovici, qui ne s'est pas privé pour commenter la visite de Nicolas Sarkozy en Algérie, comme il l'a fait pour sa visite en Chine. Apre décolonisation, il reconnaît. Mais selon lui, le passé colonial serait un phénomène d'un autre temps. Il faudrait donc passer à autre chose, et surtout, ne pas l'exploiter pour s'en servir comme bouc émissaire, car il fait encore le lit des protestations de Bouteflika. << Sur ce sujet, nous devons avoir un discours de vérité, reconnaître que la guerre d'Algérie fut injuste, oppressive, sans pour autant verser dans l'auto flagellation en s'attribuant tous les crimes; il ne faut pas rentrer dans la problématique que cherche à imposer le président algérien >>.

Quels partenariats marquent cette Union de la Méditerranée ? Nicolas Sarkozy a emporté avec lui dans ses bagages plusieurs dizaines de chefs d'entreprises. Des accords sur le nucléaire civil avec l'Algérie vont être signés. Sarkozy voudrait même faire de l'Algérie le premier pays arabe à s'équiper de ce type de nucléaire, pendant que son homologue Bush, obstiné, une demi-douzaine de milliers de kilomètres plus loin, affirme parallèlement que << L'Iran restera dangereux s'il a le savoir-faire nécessaire pour produire une armée nucléaire. >>. Au total : 5 milliards d'euros de contrat avec l'Algérie : Total a signé un contrat d'1,5 milliard d'euros avec Sonatrach, au sujet de la construction d'un complexe pétrochimique. Puis, bonne nouvelle pour GDF, il renouvelle son contrat d'approvisionnement en gaz pour encore 12 années.

Enfin, notre président s'est dit déterminé à résoudre le problème de circulation entre les 2 pays, afin de faciliter les allées et venues des entrepreneurs, mais aussi des familles. En effet, un véritable goulet d'étranglement retarderait le processus de circulation. De 2002 à aujourd'hui, les Algériens seraient 8 fois moins nombreux à se rendre au consulat de France à Alger pour obtenir un visa. L'explication tient en partie du fait de la saturation des réseaux, mais aussi des 60 euros nécessaires exigés par l'espace Schengen pour les dossiers de demandes. Mine de rien, 60 euros, c'est la moitié du salaire minimum algérien ! Pour Alger, le problème est simple : Il y aurait moins d'immigration clandestine si la France était moins réfractaire pour délivrer des visas. << On peut comprendre la réaction des pays européens à cette émigration qui s'intensifie. Mais elle restera vaine si elle ne s'appuie que sur des mesures policières de renvoi >> vient souligner le président Bouteflika.

Camus, écrivain qui a donné envie à Nicolas Sarkozy de se rendre de l'autre côté de la rive de la Méditerranée, avait écrit << La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent >>. Ce pacte de l'Union de la Méditerranée est-il une générosité envers l'avenir ?

/Flo/

# Posté le dimanche 09 décembre 2007 15:01

Modifié le mercredi 26 décembre 2007 06:34

Vénézuéla : << Non >> à la réforme constitutionnelle ; La contestation étudiante ; La réconciliation nationale

Vénézuéla : << Non >> à la réforme constitutionnelle ; La contestation étudiante ; La réconciliation nationale
Le socialisme à la sauce Chavez, non merci ! Les vénézuéliens ont déclinés la réforme constitutionnelle. Ils n'ont donc pas voulu d'un président rééligible à vie (voir l'article posté le samedi 1 décembre 2007).

La nouvelle Constitution, qui décrétait un << état d'exception >>, état d'exception qui permettrait à Chavez de suspendre le << droit à l'information >>, par conséquent, de limiter radicalement les libertés individuelles, a donné lieu à une vive contestation étudiante. Les étudiants, que Chavez avait alors qualifié de << fils à papa >>, ont pris la tête du rassemblement pour le << Non >>. Les partis d'opposition, mais aussi un groupe dissident des chavistes les ont accompagné.

<< Et si moi je ne veux pas que la Constitution de mon pays ressemble à celle de Cuba >> revendiquent alors les manifestants. En effet, Chavez a pour mentor Fidel Castro, et cela à de quoi les inquiéter. Depuis qu'ils ont vu ce que ça a donné, le socialisme, à Cuba, la << révolution >> suscite de plus en plus l'appréhension des pays d'Amérique latine. Par ailleurs, Castro a été choisi comme candidat à la délégation, et donc, vieillard mal en point qu'il est, il pourra être à nouveau à la tête de l'Etat cubain en 2008.

Hugo Chavez reconnaît donc sa défaite au référendum du 2 décembre. 2 décembre, qui par un hasard significatif, est la date de l'arrivée de Napoléon III au pouvoir. En attendant, l'opposition, représentée majoritairement par la jeunesse étudiante contestataire, appelle à la << réconciliation nationale >>.

Mais l'ancien lieutenant-colonel a plus d'une corde à son arc, et rien ne lui empêchera de faire adopter ses réformes séparément, par un gouvernement qui lui appartient aux deux tiers !
<< Pour le moment, nous n'avons pas pu [...] Mais nous avons dans le passé su transformer des défaites apparentes en victoires politiques. J'ai entendu le peuple et je l'entendrai toujours. >>

La transition du pays vers le socialisme va-t-elle donc se faire de manière diluée ?

/Flo/

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 13:03

Modifié le mercredi 02 janvier 2008 15:14